Prédiction, Variation, Imprévu
Le projet de "Prédiction, Variation, Imprévu", est parti d'une interrogation de la configuration conceptuelle, logique et organisationnelle dans laquelle prend sens le temps réel. Il s'agissait de considérer qu'un dispositif engage une temporalité ou un type de temporalité spécifique et que ce qu'on appelle le temps réel définit un tel type de temporalité. Bien évidemment, cela revenait à établir un rapport entre les modalités logiques des relations entre les éléments considérés et la conception du temps qu'elles engagent. Parler de causalité, c'est ainsi désigner l'espace théorique dans lequel la question du temps réel s'enracine comme concept. Mais ce n'est qu'un aspect d'une réalité plus vaste. On ne pourra venir à bout de la question théorique du temps réel en la réduisant à un objet purement mental ou à une figure logique. Elle met en jeu l'expérience d'un sujet pris dans la (con)texture d'une situation. Le temps réel désigne ainsi à la fois une réalité empirique et sensible, qui touche aux modalités de notre rapport au monde, une forme logique et une question philosophique.

Cette recherche a d'abord donné lieu à l'addition de textes théoriques courts empruntant largement une perspective historique. Ces textes n'avaient pas pour objectif de défendre une thèse, mais de proposer un point de vue sur un "moment" ou une perspective théorique. L'idée était que leur accumulation finisse par former un archipel d'éléments relativement autonomes entre lesquels il serait possible de circuler.
Parallèlement, se conduisait une série d'expériences qui tournaient essentiellement autour de l'invention de situations collectives, ou de situations collectives d'invention, comme on voudra.
Le travail théorique d'écriture des premiers textes était basé sur le parti pris de choisir une question et de la traiter de la façon la plus synthétique possible, pour qu'une lecture en ligne soit confortable. Mais bientôt, des sollicitations extérieures ont exigé un autre type de développement. De nouveaux textes sont venus interférer avec le projet de "Prédiction, variation, imprévu" et l'ont de fait conduit ailleurs, en fonction de la commande qui en était l'occasion, ou de l'occasion qui faisait commande, sans que la question de départ ne soit entièrement abandonnée, en tout cas la question du temps réel, ni le désir de proposer un moment ou un parcours plus que de défendre une thèse.
Le paysage s'est complexifié, et des chemins de traverse sont apparus qu'il était tentant de suivre.

Jean Cristofol*


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liste des textes :



*Jean Cristofol n'est pas plasticien météoricien.

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